Mois des fiertés : célébrer le chemin parcouru et se retrousser les manches pour l’avenir

Pride Month : celebrate how far we've come and roll up our sleeves for the future

C’est quoi le Mois des fiertés?

Les événements des fiertés se déroulent en juin de chaque année. Il s’agit d’un moment où l’on prend le temps de célébrer la communauté LGBTQIA+ ainsi que sa contribution afin de faire progresser la société vers un idéal plus ouvert, égalitaire, diversifié et inclusif. On souligne l’affirmation, la résilience et la dignité de ces personnes. C’est aussi un moment pour mettre en lumière les diverses identités et expressions de genres de même que les différentes orientations sexuelles. Il s’agit également d’un temps pour se remémorer ceux et celles qui ont ouvert la voie au militantisme pour les droits des homosexuels, transgenres, queer et autres, dont Marsha P. Johnson et Sylvia Riviera.
De même, c’est une période pour rappeler au reste de la population que les personnes issues de la communauté LGBTQIA+ vivent de l’oppression au quotidien et sont marginalisées sans aucune raison valable.
Seeing rainbow: LGBTIQ pride march, Timor-Leste. Photo credit : Tanushree Rao

Les prémices du mouvement : les émeutes de Stonewall

Il y un peu plus de 50 ans, dans les années 60, les descentes de police étaient très fréquentes dans les bars gais du Canada et des États-Unis. En effet, le 28 juin 1969, une opération policière se déroule au Stonewall Inn, un bar gai situé dans Greenwich Village à New York, où les habitués de l’endroit sont des personnes issues de la communauté LGBTQIA+.
Les clients du bar résistent à leur arrestation. À cet instant, on revendique la cessation des arrestations arbitraires. La clientèle se rebelle alors contre les forces de la police. Il s’ensuit 5 jours de manifestation : 2000 manifestants contre 400 polices. Un événement que l’on appelle désormais les émeutes de Stonewall.
C’est cet incident qui agira à titre de prémices au mouvement de lutte en faveur des droits LGBTQIA+. C’est d’ailleurs pourquoi le mois de juin est élu Mois des fiertés ; afin que la mémoire collective se souviennent des ces événements marquants de juin 1969.

La première Fierté

En 1970, soit un an plus tard, pour célébrer la révolte du Stonewall Inn, des manifestations sont organisées à New York, mais aussi à Boston, Minneapolis, Chicago, San Francisco et Los Angeles. Plusieurs personnes prendront part à ces marches où l’on peut apercevoir les slogans suivants défiler : « Come Out », « Gay Pride » et « Gay is good ». Il s’agira alors de la première Fierté gaie ou Gaypride.
Il va sans dire que ces événements iront directement allumer les esprits à travers le monde, inspirant au passage les communautés locales à lutter à leur tour pour l’égalité.
Photographer: Emily Webster | Source: UnsplashPhotographer: Emily Webster | Source: Unsplash

Pourquoi le Mois des fiertés est encore important aujourd’hui?

Encore de nos jours, bien que notre société a franchi de grands pas, il reste que la situation n’est pas rose pour autant et elle l’est encore moins dans plusieurs coins de la planète. En effet, il y a encore beaucoup d’injustices envers la communauté LGBTQIA+.

Des personnes sont attaquées chaque jour en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre, réelles ou supposées.

En effet, les menaces, la violence et le harcèlement à l'encontre des personnes LGBTQIA+ se produisent tous les jours, y compris pendant les célébrations des fiertés. Dans plusieurs pays à travers le monde, les crimes perpétrés pour des raisons liées à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ne sont pas traités comme des crimes de haine, et parfois ils ne font même pas l'objet d’enquête. Une situation plutôt désolante, car la peur d'être pris pour cible pousse alors les gens à cacher leur identité.

Les événements des fiertés sont une excellente occasion de remettre en question la législation homophobe et transphobe de certains pays.

Encore de nos jours, certains pays n’autorisent pas le mariage entre personnes de même sexe ou empêchent les militants LGBTQIA+ d’organiser des événements en lien avec les fiertés. D’autres ont des lois qui interdisent les relations sexuelles dites non traditionnelles. Lorsque la communauté ose soulever des questionnements par rapport à ces lois et pose des gestes pour changer ces enjeux politiques, on arrive à faire bouger les choses.

Les droits ne peuvent jamais être pris pour acquis.

Même dans les pays où, par le passé, les manifestations des fiertés ont été autorisées, nous ne pouvons pas considérer les choses comme acquises. Il est arrivé à quelques reprises que des pays interdisent sans raison valable les événements des fiertés, alors que les années d’avant, les activités avaient attiré des milliers de personnes et n’avaient engendré aucun problème de sécurité.

Encore du chemin à faire

Prendre une pause pour regarder dans le rétroviseur tout le chemin parcouru jusqu’à maintenant permet de se rappeler d’où nous sommes partis en tant que société et de voir l’évolution qui s’est entamée depuis. Ici comme ailleurs, ces 50 dernières années de soulèvement, de remise en question du statu quo et de lutte pour une monde plus égalitaire auront permis de faire de grandes avancées au sein de la collectivité. Toutefois, il reste encore du chemin à faire ; beaucoup de chemin même. En date de 2019, on retrouvait pas moins de 124 pays n’ayant toujours pas de législation contre la discrimination des minorités sexuelles et de genres 1.
On se souhaite un avenir où l’identité de genre et l’orientation sexuelle ne seront plus au coeur d’enjeux politiques. Un avenir où règnera une communauté inclusive, où tous pourront clamer haut et fort leur existence, sans avoir peur de représailles. Un avenir plus doux, où la diversité sera encensée par chacun et chacune. D’ici là, on ne lâchera pas le morceau. Nous serons là, prêts à épauler la communauté LGBTQIA+ dans leur bataille pour leurs droits, disons-le, des plus fondamentaux.

Bibliographie

  1. Gagné, S. (2019, 3 février). Encore du chemin à faire. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/societe/546700/droits-des-migrants-lgbtq-encore-du-chemin-a-faire
  2. Lesly, L. (2015, 16 octobre). 5 reasons why Prides matter. Amnesty International. https://www.amnesty.org/en/latest/campaigns/2015/10/5-reasons-why-prides-matter/
  3. Saint-Julien, C. (2020, août 5). L’origine des célébrations de la Fierté LGBT+. Elle Québec. https://www.ellequebec.com/societe/psycho/la-fierte-lgbt-origine-des-celebrations
  4. Rau, K. (2014, 16 juin). Droits des lesbiennes, des gais, des bisexuels et des transgenres au Canada. l’Encyclopédie Canadienne. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/droits-des-lesbiennes-des-gays-des-bisexuels-et-des-transgenres-au-canada
  5. Tremblay-Gallant, G. (2021, 31 mai). DESCENTE POLICIÈRE AU BAR LE TRUXX. Interligne.co. https://interligne.co/descente-policiere-au-bar-le-truxx/
  6. Winsor, M. (2021, 1 juin). LGBT Pride Month 2021 : What to know about its history, events, parades. ABC News. https://abcnews.go.com/US/lgbt-pride-month-2021-history-events-parades/story?id=71017699
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